CNRD : Visite du cimetière américain de Draguignan

Deux classes ont participé cette année au Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD), la 1S1 et la 1L1. Les élèves ont réalisé différentes productions littéraires et plastiques, dont des comptes-rendus des différentes sorties et rencontres organisées dans le cadre de ce projet. Vous trouverez ci-dessous un article écrit par une élève de 1S1, racontant la sortie au cimetière américain de Draguignan.

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J'irai marcher sur vos tombes

Le 16 janvier de cette année 2018, la classe de Première S1 du lycée Bonaparte de Toulon
s'est rendue à Draguignan dans le cadre du Concours National de la Résistance et de la
Déportation, afin de découvrir le Cimetière Américain de Draguignan.

 

Témoignage d'une élève émue

Découverte de ce lieu commémoratif

Une accueillante anglaise du nom d'Alison nous a présenté ce cimetière créé en août 1944,
afin d'honorer les morts du débarquement de Provence du 15 août 1944. La première chose
que nous avons vue lorsque nous avons pénétré dans l'enceinte de ce lieu, a été la grandeur
et la beauté de ces pierres blanches et régulières sur l'herbe verte ainsi que le magnifique
ange qui dominait la plaine. Sur ce site de 5 hectares appartenant à l’État américain, les 861
tombes placent les soldats sur un pied d'égalité. En effet, le placement des tombes ne suit
aucun ordre et ainsi il n'y a aucune distinction de rang, de classe, d'origine ou de religion.
De plus, le mur des disparus vient compléter par ses 294 noms, la liste des défunts.

 

Des rencontres bouleversantes

À notre grand étonnement, dès le début de notre visite, la guide marchait sur les tombes des
soldats mais elle nous expliqua que pour les Américains, cela représentait un honneur et le
fait de prononcer leur nom les faisait revivre l'espace d'un instant.
Notre visite n'a pas été seulement instructive mais également ludique, par l'aspect que notre
guide lui conféra. En effet, Alison nous indiquait les coordonnées d'une tombe (associées à
une partie A,B,C ou D, à une numéro indiquant la rangée, ainsi que celui correspondant à la
tombe) et l'objectif était de la trouver afin de faire ressortir la tragique histoire qui reposait
sous nos pieds.

 

 

La première était celle d'Aleda E.Lutz, la seule femme présente dans ce cimetière. Animée
par la volonté d'être utile, elle décida de suivre une formation d'infirmière et, lorsque la
guerre éclata, elle s'engagea dans l'armée de l'air avant de devenir lieutenant. Étant très
active, elle a aidé à évacuer et à soigner plus d'une centaine de soldats blessés. Mais en
1944, elle trouva la mort à 28 ans dans un crash d'avion, qui ne laissa aucun survivant.

 

 

George B.Davis fut le prochain nom que nous avons dû chercher. Noir américain très
intelligent, il fut contraint d'arrêter ses études à l'âge de 14 ans à cause de la ségrégation qui
sévissait sur le pays. Il devient alors chauffeur de camions et, lorsque la guerre commença,
il décida de se battre malgré la place qui lui était accordée au sein de la société. Il s'est alors
engagé afin de transporter le ravitaillement des soldats mais il meurt peu de temps après la
guerre, d'un accident en octobre 1945.

 

La dernière tombe rencontrée fut celle de l'Amérindien Andrew Perry qui permit de
renforcer la sécurité des échanges d'informations. En effet, les allemands sachant parler
anglais, ils pouvaient comprendre ces messages. Pour palier ce problème,
on fit appel aux amérindiens, répartis dans différentes divisions, dont le rôle fut de
transmettre les informations militaires dans leur langue natale. Cela leur valut le nom de
« guerriers du téléphone » mais malheureusement, Andrew Perry fut fusillé le 20 août 1944
lors d'un assaut allemand. Il a tout de même obtenu la nationalité américaine en
remerciement pour service rendu.

 

Un lieu abritant bien plus que des soldats

Ce n'est pas au-dessus de corps que nous avons marché ce jour-là mais au-dessus de rêves
inaccomplis de jeunes soldats, endormis par cette guerre depuis plus de 74 ans... Leur
combat ne fut pas seulement celui pour lequel la France leur sera éternellement redevable
mais également celui qu'ils menaient pour obtenir une place dans la société : Aleda E. Lutz
pour la place des femmes, George B. Davis pour les droits des noirs et Andrew Perry pour
ceux des Amérindiens, comme toutes minorités opprimées.

 

Chloé Guénebaud