Sortie pédagogique des 1L au Camp des Milles

Durant l'été 1942, le Camp des Milles fut un camp d'internement et de déportation de Juifs de France. A travers un parcours historique, mémoriel et réflexif, les élèves de première littéraire ont découvert l'histoire du camp puis ont participé à un atelier artistique de découverte d'oeuvres de célèbres artistes internés.

"Lieu d’histoire, de pédagogie et de transmission" , seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact et accessible au public, le Camp des Milles est aujourd’hui un musée d’Histoire et des Sciences de l’Homme innovant et unique en France. S’appuyant sur son histoire, il permet de comprendre comment les discriminations, les racismes, l’antisémitisme et les extrémismes peuvent mener au pire.

 

1) Le Camp des Milles : Historique du lieu 

Inauguré le 10 septembre 2012, le Mémorial du Camp des Milles est classé monument historique et est présenté comme l’un des neuf hauts lieux de mémoire de France. La nécessité de préserver ce lieu s’est ressentie en 2009 lors de la création de la Fondation du Camp des Milles, mémoire et éducation. 

 

Le Camp des Milles était à l’origine une tuilerie mais qui ferma ses portes dans les années 1930 à cause de la crise économique.

Puis successivement, ce lieu devient tour à tour : 

-1939-1940 : Camp pour "les sujets ennemis". L’usine est réquisitionnée par le gouvernement français pour interner les « sujets ennemis » qui vivent dans le sud de la France : tous les ressortissants Allemands ou Autrichiens anti-fascistes qui avaient fui le régime nazi d’Hitler. Le Camp des Milles est alors un camp d’internement où de nombreux artistes et intellectuels sont internés. Certains sont très connus comme Max Ernst et Hans Bellmer.

1940-1942 : Camp de transit pour "Indésirables" : Tous les ennemis de l’Allemagne nazie sont internés au Camp : opposants politiques et Juifs. Les conditions de détention se dégradent : promiscuité, nourriture insuffisante.

Eté 1942 : Camp de déportation de Juifs : Désormais ce ne sont que des hommes, femmes et enfants Juifs qui y sont enfermés. Plus de 10 000 juifs sont déportés. Tous les Juifs internés au camp des Milles ont été arrêtés par la police française. Ils sont envoyés au camp de Drancy avant d’être déportés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

C'est la période la plus sombre du Camp surnommé le "Vel d’Hiv du Sud’". La proximité des voies ferrées en pleine campagne, en fait un lieu de rassemblement et de transit pour les Juifs en instance de déportation.

 

Après la guerre, le Camp redevient une fabrique de tuiles pour ensuite être fermé et devenir un des seuls camps d’internement d’Europe encore intact. En 2012, Le Mémorial du Camp des Milles ouvre ses portes afin d'éveiller la vigilance et la responsabilité face aux spirales récurrentes du racisme, de l'antisémitisme et de toute forme d'extrémisme. 

 

2) Les trois volets du parcours de visite 

  • Un volet historique
  • Un volet mémoriel : ouverture au public des lieux historiques ayant servi à l’internement et à la déportation, dans et autour du bâtiment principal de la tuilerie. Le Mémorial de la Shoah a assuré le commissariat général des expositions de ces volets historique et mémoriel, rassemblant de nombreux témoignages et apportant la documentation à la suite des recherches entreprises à travers le monde auprès de nombreuses institutions et particuliers.
  • Un volet réflexif : "Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde", Bertold BRECHT. Espace de réflexion et d’investissement personnel sur la responsabilité individuelle et collective dans les mécanismes qui peuvent conduire au pire. Accès aux conclusions d’expérimentations psychosociologiques sur la passivité, la soumission aveugle à l’autorité, l’effet de groupe, les stéréotypes... passerelles entre hier et aujourd’hui.

3) La vie culturelle au Camp, l'atelier "Créer pour résister" 

"Ne rien faire c'est laisser faire"

1939-1940, c'est l'époque d'internement de "sujets ennemis" ; de nombreux artistes sont enfermés au Camp des Milles dont Ferdinand Springer, Max Ernst, Hans Bellmer et Wols. 
La vie au Camp des Milles étant difficile, les internés trouvaient des occupations diverses pour lutter contre l’ennui. Ils organisaient donc des pièces de théâtre où Hitler était parodié ou peignaient l'enfer de l'enfermement. 

Ces créations leur permettent de survivre malgré leur manque des moyens. Sculptures, peintures, lithographies etc, on retrace plus de 400 oeuvres picturales, littéraires, musicales…
C'est leur façon de “résister” à l’enfermement et à la déshumanisation ; c'est une forme de résistance par la création.

 

 

4) L'exposition permanente Serge Klarsfeld sur les enfants juifs déportés 

Serge Klarsfeld a 8 ans, en 1943, quand il échappe à la Gestapo. Son père meurt dans le camp d’Auschwitz. Plus tard, il devient historien et avocat et passe sa vie à dresser la liste des victimes de la Shoah en France. Il défend également la cause des descendants de déportés comme lui.

Il est à l’initiative de procès contre des responsables de la déportation des Juifs qu'il traque durant des années. Cette exposition est le fruit de ses recherches. Il a souhaité l'exposer dans un lieu d’où furent déportés une centaine d’enfants juifs.

Il a voulu restituer, en plus de l’identité, une histoire à ces enfants. Il a donc rassemblé des milliers de photos, lettres et d'objets personnels.

 Le visiteur y retrouvera une photo de Simone Jacob (Veil) enfant. 

 

 

Tous nos remerciements les plus chaleureux au Mémorial du Camp des Milles pour leur accueil et la prise en charge des visites guidées et atelier artistique et du transport. 

 

 

 

Ce projet s'inscrit dans le cadre du projet "Former des citoyens éclairés" en lien avec le Mémorial de la Shoah de Paris et le Concours National de la Résistance et de la Déportation.